Fermeture Des Écoles Yavuz Selim En Afrique : La raison du plus fort… économiquement !

  • Source: : EnquetePlus | Le 03 octobre, 2017 à 23:10:05 | Lu 2261 fois | 9 Commentaires
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Fermeture Des Écoles Yavuz Selim En Afrique : La raison du plus fort… économiquement !

La raison du plus fort est  toujours la meilleure. Cette leçon des fables de La Fontaine est aussi valable en économie et en diplomatie. À l’image du Sénégal, plus de 10 pays africains ont déjà capitulé face à la Turquie.

La Turquie est visiblement une grande puissance en Afrique. Le président Erdogan a pu imposer son diktat à la plupart de ses homologues du continent. Depuis le coup d’Etat attribué au prédicateur Fethullah Gulen, Recep Tayyip mène une offensive contre l’imam à travers les écoles créées sur inspiration. C’est dans ce cadre qu’il a décidé de fermer une centaine d’établissements ouverts dans près de 30 pays. Dans cette opération, l’Afrique est visiblement la proie facile.

En effet, pas moins de 10 pays, dans le continent, se sont pliés au désir du prince d’Ankara. Un pays comme la Somalie n’a pas attendu des pressions. Il est le premier Etat africain à avoir répondu favorablement à la ‘’requête’’ de la Turquie.

D’autres ont suivi par la suite. Il s’agit du Niger, de la Gambie, du Mali, du Tchad, de la République de Guinée, du  Rwanda, du Soudan et du Burundi. Ces pays ont cédé rapidement aux injonctions de la nouvelle puissance émergente de l’Asie. Pour le cas du Bénin, c’est le président Erdogan qui l’a annoncé lui-même, à l’occasion d’une visite de Patrice Talon en Turquie. Certains pays ont essayé de faire de la résistance. C’est le cas du Sénégal qui avait opposé une fin de non-recevoir. Des missions diplomatiques ont été dépêchées dans des capitales comme Dakar et Rabat. Finalement, la résistance n’a pas duré longtemps, que ce soit du côté de Macky Sall ou de Mouhamed VI.

Mais il y avait surtout le Nigeria. Le pays de Buhari avait formulé un refus catégorique et assumé en public. ‘’Le gouvernement fédéral estime que les allégations et la requête de la Turquie sont frivoles, car dénuées de fondement juridique’’, révélait un journal nigérian, ‘’The Daily Trust’’.  Mieux encore, le ministre nigérian de l'Éducation, Malam Adamu, a déclaré lui-même qu’il ‘’serait moralement et légalement injuste de céder à la requête du gouvernement turc sur de simples allégations’’. Au finish, la Turquie a obtenu gain de cause.

À ce jour, en dehors des pays pour lesquels nous n’avons pas d’infos précises (Cameroun par exemple), il n’y a que trois pays qui résistent réellement à l’ouragan Erdogan. C’est  la Tanzanie, le Kenya et  l’Afrique du Sud.

Une salle plénière contre 3 200 enfants

Inutile de chercher loin, pour comprendre le pourquoi de la capitulation. La raison est purement économique. La Turquie s’est imposée en Afrique comme une puissance, avec de nombreux projets financés par ses institutions. Pour le cas du Sénégal, par exemple, il est connu que ce sont les Turcs qui ont livré le Centre international de conférence Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio. Ils y ont joint un hôtel dont les travaux sont presque achevés. Il y a la gare des gros porteurs, le marché international et surtout l’aéroport  AIBD que les Turcs doivent terminer, sans compter l’accompagnement pour la nouvelle compagnie aérienne sénégalaise, Sénégal Air S.A. Sur le plan commercial, les deux pays se sont engagés récemment à atteindre 200 millions de dollars d’échanges commerciaux avant la fin de l’année en cours.

Dans la difficulté de reconnaitre les vraies motivations, on a du mal, parfois, à trouver les mots justes. Au Mali, rapporte RFI, le ministre de l’Education, qui s’exprimait devant les députés, a eu du mal à convaincre. ‘’Rien ne permet, au moment où je vous parle, de mettre en doute l’engagement du gouvernement turc, car il a toujours tenu ses engagements envers le Mali. La rénovation de l’Assemblée nationale en est une illustration incontestable’’, lance-t-il. Ce qui n’a pas manqué de provoquer la réaction cinglante du parlementaire Zoumana Doumbia : ‘’Ce n’est pas la rénovation de la salle plénière de l’Assemblée qui peut être comparée à l’avenir de 3 200 enfants.’’ Peut-être qu’il ne s’agit que d’une boutade, mais les questions en jeu sont plus importantes aux yeux des dirigeants. Même si c’est au détriment de la souveraineté des Etats et de l’intérêt des milliers d’élèves et de leurs parents.  


Auteur: Babacar WILLANE - EnquetePlus






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Commentaire (7)


Anonyme En Octobre, 2017 (06:18 AM) 0 FansN°: 1
Si nous avions toujours le réflexe d'imposer les joint-ventures ou l'obligation de s'associer avec des privés Sénégalais et Ouest Africains, l'activité pourrait continuer même après un retrait de l'investisseur étranger. L'Etat devrait organiser une reprise de l'activité de cette école, chose qui est totalement possible.
Anonyme En Octobre, 2017 (07:37 AM) 0 FansN°: 2
Si un État doit toujours divulguer les raisons qui guident sa politique diplomatique, bah autant supprimer les États et se contenter d'arbre a palabre.

Par ailleurs l'administration provisoire proposée par l'État sénégalais semble être la meilleure solution en attendant.
Reply_author En Octobre, 2017 (09:22 AM) 0 FansN°: 1
l'arbre à palabres sest révélé plus efficace que nos institutions. le ndata talakh du gouvernement est pitoyable. dire que l'état n'est pas obligé de révéler ses raisons. même ds les di ta très éclairés, l'état communique
Anonyme En Octobre, 2017 (09:42 AM) 0 FansN°: 3
Depuis quand la Turquie islamiste salafiste est elle située en Afrique ????

l'auteur doit réviser sa géographie !!!!

les turcs sont très racistes envers les blacks !!!!
Anonyme En Octobre, 2017 (10:15 AM) 0 FansN°: 4
Cette décision d'Erdogan de faire fermer ces écoles est une aubaine que doivent reconnaître les africains. C'est une source d'aliénation de moins de nos enfants et futurs dirigeants. Quand est-ce que les africains se réveilleront et auront conscience que l'education est la seule voie pour éduquer un peuple en lui inculquant des valeurs endogènes et non importées. Yavuz Selim a certes un bon niveau d'éducation mais il est et restera un vecteur insidieux de propagation de la culture turque et de sa façon de voir le monde et cela au détriment de notre pauvre Afrique qui est pris dans un cercle vicieux fait d'aliénations culturelles et spirituelles successives (Ecoles européennes, chinoiseries économiques, et maintenant ecoles turques et arabes) qui sapent notre liberté de pensée par nous-mêmes et faisant pire de nous des complices de cette acculturation. Que tous ceux qui défendent l'école turque soient conscients que son développement dans ce continent n'est pas une bonne chose comme ne l'est pas les ecoles francaises et anglaises issues de la colonisation ou les dahras financés par les pays arabes. Diantre nous avons une histoire, une manière de vivre, en accord avec ce que nous sommes intrinsèquement, alors bâtissons notre propre modèle éducationnel axé sur nos valeurs africaines, une afrique berceau de la civilisation humaine et qui a tout apporté au Monde.
Anonyme En Octobre, 2017 (11:25 AM) 0 FansN°: 5
Anonyme En Octobre, 2017 (11:38 AM) 0 FansN°: 6
article commandité/ intox
Gaindé En Octobre, 2017 (18:39 PM) 0 FansN°: 7
C'est de l'arnaque de la bande à Macky. Les enfants de Macky et de ses copains ministres et députés n'y sont pas. Ils s'en foutent. La plupart sont à l'étranger. Même pour un petit bobo ils vont en Occident ou au Maroc. Enfoirés de médeux.

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